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La Triade Chinoise

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1 La Triade Chinoise le Jeu 14 Mar - 7:08

Tout savoir sur la Triade Chinoise
Introduction
Une triade est une mafia d'origine chinoise. Il en existe un nombre extrêmement élevé.
Les triades sont nées durant le 17ème siècle, au commencement de la dynastie des Qing. Elles voulaient restaurer la dynastie des Ming en combattant les Qing. Leur devise qui était "Fan Qing Fu Ming" (littéralement "Chasser les Qing restaurer les Ming") montre bien cet engagement.
L'histoire de leur création relève autant de la légende que de la vérité et il existe plusieurs versions. Cependant il en existe une universelle: tout commence dans le monastère bouddhiste de Shaolin, fondé pour lutter contre les Qing. Les moines de ce monastère avaient fondé une technique de combat à main nue: le Kong-Fu. L'enseignement fut autorisé aux laïques, pour pouvoir rassembler plus d'hommes dans leur combat. Cela inquiétait les autorités impériales qui finirent par détruire le monastère en 1674. Seuls cinq moines sortirent vivants de cette attaque. Ils se réfugièrent dans la ville de Muyang et fondèrent la première triade chinoise qui avait pour objectif de restaurer les Mings.
Cette triade n'avait donc en aucun cas comme objectif à l'origine de faire des profits en utilisant le crime organisé.
Les mots triade ou société secrète sont couramment utilisés pour parler des grandes mafias chinoises. Cependant ces termes peuvent désigner plusieurs organisations qui ne sont pas forcément criminelles. En effet elles peuvent être des sociétés d'entraides, de tradition ou des sociétés pratiquant des religions comme le bouddhisme ou le taoïsme. Ces triades sont extrêmement nombreuses en Chine.
On distingue ensuite deux types de triades ayant des activités criminelles:
-Les gangs, qui n'ont pas d'organisation très précise ni de règles très strictes.
-Les grandes triades, plus particulièrement les sept soeurs du crime qui sont les plus puissantes et qui ont une dimension internationale. Certaines d'entre elles étaient au départ des sociétés d'entraide qui se sont opposées au gouvernement.
L'étude portera principalement sur les triades ayant des activités criminelles, et plus particulièrement sur les plus puissantes.
Nous essaieront de comprendre en quoi ces triades remettent en cause le pouvoir des gouvernements.
Dans un premier temps nous parlerons de l'organisation des triades en elle-même, puis nous aborderons leurs réseaux de trafics illicites. Nous parlerons pour finir de leur influence dans la vie politique.
I. UN RÉSEAU FRATERNEL ET STRUCTURE
Les triades de Hong-Kong sont considérées comme les plus puissantes du monde, bien plus puissantes que les gens peuvent se l’imaginer. A l'instar de certaines des plus grandes organisations qui utilisent des drogue au niveau de leurs échanges internationaux, et qui ont des forces armées, les triades de Hong-Kong possèdent et entretiennent d'importantes quantités de biens, telles que des stocks de munitions. Comme ont l’habitude de le faire la majorité des mafias mondiales, les triades concentrent généralement leur violence entre elles de façon masquée plutôt que de se montrer et toucher le grand public.
Il n’y a pas de triade dominante qui vise à monopoliser le contrôle des activités et des hommes, par le biais d’une hiérarchie, dans la société mafieuse chinoise. Au contraire, les triades de Hong-Kong sont généralement composées de groupes indépendants. Bien qu'elles se constituent et s'organisent avec des cérémonies et des systèmes hiérarchiques, les triades ne fonctionnent pas dans le cadre d'une domination unilatérale. Par exemple, le King Yee est une filiale de la branche Sun Yee On, mais les membres de la King Yee ne prennent pas les commandes de l’organisation.
L’actuel pouvoir des triades se situe au niveau le plus bas d’une hiérarchie, au niveau global du terme. C'est-à-dire qu’un chef de file, qui dirige environ une quinzaine de personnes (soldats), peut être amené à brouiller de ces derniers dans le but d’en tirer des conséquences bénéfiques pour lui et se retrouver dans une situation plus avantageuse.
Les groupements mafieux se divisent en trois étages. Au sommet, trône un chef, la tête de dragon. Il donne les grandes orientations à son groupe et le dirige. Peu de membres connaissent sa véritable identité. Sous ses ordres, il y a plusieurs responsables qui conservent des noms traditionnels tels que l’éventail de papier blanc, qui s’occupe de la gestion des finances au sein du groupe, le bâton rouge, spécialiste en arts martiaux, il se charge du respect de la loi interne ; la sandale de paille est délégué aux affaires extérieures du groupe et veille à une bonne entente avec les populations et les autres triades. Le maître des encens a la dure tâche de recruter les membres pour renforcer le groupe. Enfin, les membres les plus nombreux sont les soldats, qui constituent la partie armée de l’organisation.
Les triades utilisent également des codes numériques qui aident à différencier les grades et les postes à l’intérieur d’un gang, débutant par 4 (chiffre porte-bonheur en Chine). Ils sont utilisés sous forme de gestes. Par exemple, 426 signifie chasseur. 49 sert à reconnaître le rang et le fichier d’un membre. 489 est le code pour la tête de dragon (chef), 438 pour le bras droit de la tête de dragon, 415 pour l’éventail de papier blanc (il s’occupe des finances), et 432 pour la sandale de paille (c’est le délégué aux affaires extérieures du groupe). Le code 25, qui correspond à l’espion de la triade, est entré dans le langage commun des Hongkongais et signifie traître.
Au fur et à mesure que l’économie des triades à évolué, les conditions sociales se sont modifiées également, favorisant une plus forte fidélité vis-à-vis des membres de chaque organisation, tendant à rendre les structures de chacune d’entre elles plus flexibles. Dans une autre mesure, les cérémonies d’accueil de nouveaux membres se sont simplifiées; on décapite un coq dont le sang est mélangé à un breuvage alcoolisé. Le futur-nouveau membre jure alors de rester fidèle à la société. Il prononce un long serment. Puis, il s’entaille un doigt et verse quelques gouttes de son sang dans le mélange préparé. Tous les membres présents trempent leurs lèvres dans la coupe afin de sceller sa promesse...
Ces évolutions ont entraîné une diminution de l’autocratie au sein des triades. Les membres ont de plus en plus tendance à hiérarchiser leurs intérêts personnels. Si un membre ne tire pas assez d’avantages ou ne se sent pas à l’aise dans son groupe, il peut décider de quitter la triade et être transféré dans une autre plus solide et plus puissante.
Les triades sont indépendantes les unes des autres. A ce jour, on dénombre six grandes triades chinoises qui sont la Sun Yee On, la Fédération Wo, 14 K, la Bande des quatre mers, le Bambou Uni, et enfin la triade du Grand Cercle. Sun Yee On est la plus importante des triades et le groupe mafieux le plus étendu de la planète puisqu’elle compte 50 000 membres environ. Elle est présente dans toute l’Asie mais également en Amérique, notamment aux Etats-Unis ou au Canada.
La structure d’une triade, d’un point de vue général, s’apparente à une organisation de type militaire. Le comité des officiers est composé de quatre postes : le Maître des encens, qui s'occupe du recrutement et des rituels ; la sandale de paille, qui est en charge des liaisons et des communications, et le pôle rouge, ou 426, est responsable de la sécurité et de la discipline. Finalement, l’éventail de papier blanc, qui prend soin des finances et de l'administration. L'organisation traditionnelle d'une triade prend la forme d'un triangle (d’où leur nom). A la base se trouvent les soldats. Leur rôle est d'exécuter les ordres, sans réfléchir aux éventuelles conséquences ni discuter, sous peine de sanctions. Ils s'occupent des tâches peu plaisantes, des règlements de comptes, des bagarres et des attaques, allant souvent jusqu’à prendre un aspect criminel. Le comité des officiers forme le niveau supérieur et coordonne les activités. Au sommet trône la tête de dragon, qui peut s'adjoindre un sous-chef, le 438.
La hiérarchie de la plupart des triades ne comporte qu'un cercle restreint qui tourne autour d'un seul chef, entouré de quelques responsables gérant la sécurité et s’occupant de la discipline, de conseillers ou de chefs d'équipes.
I (bis). LE RECOURS A LA VIOLENCE ET SA LUTTE
Aujourd'hui, les sept soeurs du crime, organisations transnationales issues de Hong-Kong, Macao et Taïwan, représentent la première puissance criminelle au monde. Leur diversité en fait une organisation qui est partout. Leur mode d'organisation n’est aucunement basé sur une activité humaine liée au crime. La mafia chinoise passe, quand ça l’arrange, des accords avec ses homologues régionaux, créant une étonnante division du travail criminel à l'échelon international. Tout ce qui, dans ce domaine, oblige à prendre des risques est sous-traité aux Chinois, qui tiennent sous leur coupe des ressortissants albanais ou africains.
Les Triades sont impliquées dans toutes sortes d'activités illicites : extorsion de fonds, trafic de drogue, prostitution, immigration illégale et jeux. Elles opèrent au travers des larges canaux de l'immigration chinoise et ont établi des réseaux aux Etats-Unis et au Canada. Leurs activités s'étendent aussi à l'Europe occidentale : elles opèrent à présent à Amsterdam, au Royaume-Uni, plus particulièrement à Londres, et en Espagne.
En analysant les triades d’un point de vue plus axé sur l’économie, les triades ont aujourd’hui un aspect d’avantage similaire à celui d’une entreprise plutôt qu’une organisation quelconque. Les échanges qui ont lieu entre les triades, qu’elles soient de Hong-Kong, de Taïwan ou du reste de la Chine, sont donc réalisés dans le but de réaliser des bénéfices, contrairement aux échanges passés, qui visaient principalement à gêner l’exercice du pouvoir en place alors contesté. À l'heure actuelle, la plus grande majorité des échanges entre les triades ont lieu ou one un lien avec le continent. La diversification brutale de l’économie des triades, qui touche même principalement des réseaux illicites est forcément source de tensions…
Comparer les différences des méthodes d’action des différentes triades est souvent très difficile. Le plus souvent, elles résolvent leurs conflits de la même façon : en utilisant la violence. Des transactions financières infructueuses se terminent en général dans la rue. Par exemple, à Taïwan, la triade 14K utilise des voitures piégées, des courses poursuites armées, ou encore des attaques au couteau.
Le Bureau des Crimes Organisés des Triades (OCTB) est la division de la police responsable des délits et des meurtres causés par les triades. L’OCTB et le bureau des renseignements criminels travaillent main dans la main avec le bureau des stupéfiants et des infractions commerciales. Toutes les données et informations recueillies par les unités d'exploitation sont traitées et triées, afin de lutter contre les récidives et pouvoir prévenir d’éventuels homicides supplémentaires. D'autres départements tels que le département des douanes, ou le département de l'immigration ont également uni leurs forces avec la police locale à faire obstacle à l'expansion des triades ainsi que d'autres bandes organisées, mais nous savons malheureusement pour les populations que leur nombre ne cesse d’augmenter.
Paradoxalement, la loi a donné la protection pour les criminels. En raison de l'insuffisance de l'autorité d'enquêter sur les dirigeants criminels de leurs sources de richesse et de l'absence de lois pour imposer des peines plus lourdes telles que la confiscation des produits du crime et étendu les emprisonnements, les efforts de la police ont été entravés. Par conséquent, pour résoudre ce problème, le système de droit est également souvent révisé pour aider la police à intervenir avec suffisamment d'autorité pour lutter contre les triades.
Selon le bureau de la sécurité, il n'existe actuellement aucune preuve pour dénoncer des triades de façon justifiable. Le bureau de la sécurité a donc ajouté plus de 240 spécialistes de la lutte contre les triades depuis une quinzaine d’années, pour renforcer le pouvoir de la force de police. Pendant dix ans, la proportion de crimes auxquels des membres d’une triade ont participé est restée relativement stable à Hong-Kong, mais depuis quelques années, cette proportion a baissé.
Un programme de publicité pour un centre d’appel contre les triades a été mis en place en Chine pour sensibiliser les populations et aider les autorités dans leur lutte contre les triades. Dans le même temps, le bureau de prévention de la criminalité maintien ses contacts avec les entreprises locales en les encourageant à signaler les activités des triades. Afin d'encourager le public à signaler les activités criminelles des triades, le bureau de la sécurité a établi une loi demandant la protection des témoins, qui est entrée en vigueur en 2000, pour augmenter leur sécurité et éviter les risques de pistages. Elle aide à fournir une base juridique pour le programme de protection des témoins.
En outre, la police de Hong Kong coopère avec les forces de l'ordre spécialisées dans le crime organisé, à l'étranger, notamment dans des lieux avec une importante population chinoise tels que les Chinatowns du monde entier, afin de lutter contre les triades au niveau international.
Depuis la lutte contre les triades, Hong-Kong a créé des lois telles que l'ordonnance sur les sociétés, adoptée en 1949, qui stipule que toutes les triades de Hong-Kong seront considérées comme sociétés et organisations illégales par les autorités, pouvant donc entraîner des sanctions justifiées. Elle stipule également que toute personne reconnue coupable de diriger un bureau ou d’assister dans sa gestion un directeur de société illégale est passible d'une amende allant jusqu'à 1 million de HK $ et un emprisonnement maximal de 15 ans. Composition d'une triade de la société est elle-même une infraction punissable d'une amende de plusieurs centaines de milliers de HK $ et de plusieurs années d'emprisonnement.
Même si la plupart des gangs de rue et des triades agissent indépendamment les uns des autres, leurs tentatives de faire croire qu'ils sont "invisibles et pourtant invincibles" a rendu le travail des policiers beaucoup plus difficile, du fait qu’il faille agir dans le plus grand silence.

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2 Re: La Triade Chinoise le Jeu 14 Mar - 7:08

II UN RÉSEAU DE TRAFICS ILLICITES

1/ DIASPORA

-Les triades dans le monde

Elles ont suivit les vagues d’immigration chinoise.

Les triades sont aujourd’hui des acteurs incontournables de l’économie informelle en Asie et sur tous les continents, rares sont les pays qui leur échappent.
Leur centre de gravité, surnommé « Sicile chinoise » en référence a la mafia italienne, est le sud est de la Chine, en particulier le Fujian (province côtière), Hong Kong et Taiwan.
Elles ont à peu près une diaspora semblable à celle de la Chine. Là où dans le monde il y a une Chinatown (quartier chinois) on trouve la présence d’une triade.
Dans l’histoire, les sociétés secrètes ont accompagné les grandes migrations chinoises vers l’Asie, les Etats-unis et le Canada au XIXe et XXe siècle et en Europe au XXe.

En Europe, elles ont différentes activités illégales selon les pays. En Italie, elles pratiquent essentiellement le trafic d’êtres humains, en Autriche la prostitution, le trafic de cigarettes en Allemagne et aux Pays-Bas, le trafic d’arme en Tchéquie.

En France, l’émigration clandestine d’autres Chinois est une activité très lucrative, le trafic de drogue, principalement de l’héroïne, aussi.
L’implantation des triades en France date des années 1980, lorsque des réfugiés vietnamiens immigrent en France. Les triades existent donc dans le quartier chinois de Paris, le XIIIe arrondissement. C’est la triade 14K qui s’y est installée. Cependant le gouvernement français est atteint en ce qui concerne les triades de ce qu’on appelle le syndrome Hoover : La France serait une exception criminologique, c’est-à-dire que miraculeusement les triades n’y seraient pas présentes. Seulement, selon une estimation faite par les Renseignements Généraux Français, il y aurait 4000 membres des triades en Ile de France. Le gouvernement veut sûrement masquer son incapacité à lutter contre elles car cela remettrait en cause son pouvoir.

Elles sont présentes en Malaisie du fait de l’émigration de Chinois de Chine du sud à la fin du XVIIIe siècle, et tirent profit des mines d’étain autour de Kuala Lumpur.

Une des bases des triades est le Canada. Elles l’utilisent pour étendre leurs tentacules dans toute l’Amérique du nord. Les sociétés secrètes ont profité des programmes d’immigration pour obtenir des passeports canadiens. Elles s’implantent dans les quartiers chinois et s’attaquent d’abord à leur propre communauté. Elles sont organisées en cliques ayant chacune un chef, le Dailo.

Il y a 4300 membres de triades connus au Canada. C’est un chiffre énorme, mais ne constituant sûrement qu’une partie du chiffre réel. Cela montre l’étendue de leur emprise sur ce pays, sachant qu’ils forment un réseau très organisé, comparable à une toile d’araignée.
Les triades sont au cœur de l’importation de drogue au Canada : 95% de la drogue du pays viendrait de leur trafic, puis serait redistribuée à d’autres mafias. Par exemple, la plus grosse prise d’héroïne au Canada, a été réalisée le 5 septembre 2000 : 99 kilogrammes d’héroïne qui avaient fait le trajet Hong-Kong Vancouver, cachés dans un conteneur.
Au Canada, le gouvernement considère ces sociétés secrètes comme une des premières menaces pour la société, et bien qu’il essaye de lutter en déployant des forces de police supplémentaires, cela reste peu pour vraiment inquiéter une telle organisation.

Ces sociétés secrètes sont également présentes en Afrique où elles ont investi le trafic d'ivoire. Elles sont également présentes sur ce continent pour le trafic d'êtres humains.

2/ UN COMMERCE DÉGUISÉ

-Stupéfiants
Un des commerces les plus connus et caractéristiques des mafias en général est le trafic de stupéfiants. Les triades ne font pas exception.

Grâce à l'ouverture des frontières à l'économie de marché et au boom des transports et à l'amélioration des moyens de communication, le transit des stupéfiants est facilité.
La corruption leur permet de faire passer différents stupéfiants facilement en Chine, au Yunnan, et dans les régions limitrophes du triangle d'or (une région de l'Asie du sud-est aux confins du Laos, de la Birmanie, et de la Thaïlande connue pour sa production d'opium). Le gouvernement chinois prêt à tout pour faciliter le décollage économique de son pays et l'enrichissement d'une petite partie privilégiée de sa population, ferme les yeux sur ce trafic.
De plus, Pékin entretient des relations étroites avec la junte militaire birmane dont les membres couvrent les trafics.

L’héroïne, est la principale source de revenu des triades. Cette drogue est obtenue à partir du pavot, cultivé dans le triangle d'or puis raffiné sur place dans des laboratoires. Pour donner un exemple, 3000 tonnes d'opium ont été produites pour les triades en 1993, ce qui revient à 300 tonnes d'héroïne une fois l'opium raffiné. Ces chiffres sont énormes. Les triades ont même supplanté la mafia sicilienne dans ce domaine très lucratif (un kilogramme d'héroïne est vendu 200 000 dollars US) et en constante augmentation, comme le montre ce tableau:

Production d'héroïne pour les triades par année:

production en tonnesannées
40t1945
300t1962
600t1980
1000t1987
1200t1988
2200t1989
2500t1990
2500t1992
2500t1993
3000t1995

Les chemins de la drogue :

Les triades font passer l'héroïne essentiellement par l'Afrique, le Nigéria plus particulièrement, car ce pays étant membre du Comonwealth, il est plus facile pour ces ressortissants de passer les frontières des autres pays membres.
Elles passent également par des pays comme Madagascar, Les Comores, la Réunion, l'Ile Maurice ou des îles de l'océan Indien.

Des fourmis (personnes seules) font passer la drogue aux frontières en la cachant sur eux, parfois même, en en ingurgitant des sachets remplis.

Une autre combine consiste à acheminer la drogue par bateau dans des conteneurs. Il existe différents moyens de la cacher: de la drogue a par exemple été decouverte par les autorités Canadiennes à Vancouver dans les parois d'un conteneur et également dans de faux oeufs, eux-mêmes cachés parmi de vrais oeufs.
Il est de surcroit impossible de fouiller les dizaines de milliers de conteneurs qui transitent dans les ports du monde entier.

-Trafic d’êtres humains

Le trafic d’être humains désigne le transport clandestin d’émigrants du tiers-monde vers les pays occidentaux. Il représente un bon rapport gain/risque pour les triades. Selon l’IMPCD (International Centre for Migration Policy Development), il y aurait 400 000 clandestins passant chaque année dans l’union européenne grâce aux triades, et trois millions de clandestins déjà à l’intérieur.
Le transport s’effectue grâce à des passeurs. Ceux-ci entassent le plus de personnes possible dans un conteneur ou dans un bateau.

La destination la plus prisée est l’Angleterre, en raison de sa législation favorable aux demandeurs d'asile et de l'absence de contrôles d'identité. L’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande sont également des destinations pour ces clandestins.
Ces passages vers l’Europe rapporteraient de trois à quatre milliards de dollars par an aux triades.
En effet, le billet d’entrée dans l’espace Shengen est très cher : il atteint 160 000 euros. Une fois les immigrants clandestins arrivés en France, ils sont rackettés et parfois même kidnappés pour des rançons pouvant atteindre 100 000 euros, une somme énorme pour leurs familles démunies.

Pour aller en Amérique du nord, le prix du billet est le double de celui pour l’Europe.
Il y a deux voies pour y aller.
La voie européenne. Elle est empruntée par la triade Sun Yee On. Les clandestins sont d’abord transportés jusqu’en Europe puis entassés dans des conteneurs pour essayer d’arriver aux Etats-Unis sans se faire repérer. Souvent, les clandestins meurrent pendant ces voyages inhumains comme en juin 2000 à Calais où 58 migrants Chinois ont été retrouvés morts asphyxiés dans un camion.

La voie Latino Américaine. Elle est utilisée par la 14K. Des officiels sont corrompus en Amérique Centrale et dans les Caraïbes ce qui permet de faire entrer des clandestins au Guatemala, au Mexique, à Panama, à Porto Rico. 200 000 Chinois environ y résideraient actuellement. Ensuite, ils tentent de passer la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, beaucoup iront même jusqu’au Canada.

-Visas illégaux

Un autre moyen d’immigrer clandestinement dans un pays occidental est d’obtenir un faux visa. Les triades ont deux moyens de s’en procurer.
Le premier consiste à payer des pots de vin à des personnes haut placées qui usent alors de leur influence pour leur obtenir des visas.
Cette méthode est la plus efficaces car les visas sont des vrais et il est pratiquement impossible de se faire repérer.
Cependant les personnes désirant obtenir un authentique visa par les triades payent extrêmement cher. Pour ceux qui n’ont pas les moyens c’est à dire une grande majorité, les triades fabriquent des faux visas qui bien que moins chers représentent une somme très importante pour les migrants.

-Prostitution

Les triades se livre aussi en Chine à la prostitution à grande échelle. Ils “recrutent” souvent dans les provinces reculées et pauvres de très jeunes filles. Elles ont de 12 à 16 ans. Regroupées dans des bordels aux abords des grandes villes, elles sont surnommées "boulettes de poisson" par comparaison avec un étal de poisson. Ces jeunes filles sont en effet considérées comme de simples marchandises.


-Extorsion ou racket

Les triades pratiquent ce type d'activité sur des commercants. Elles prétendent protéger le commerce et exigent en échange des sommes d'argent à verser tout les mois. Il s'agit en réalité d'un revenu pour avoir le droit de rester sur leur territoire. Ces pratiques existent en Chine. Dans les autres pays elles le sont seulement dans les chinatowns auprès des immigrés asiatiques. En effet, la plupart du temps ceux-ci n'osent pas prévenir la police par crainte des représailles
Cependant cette activité est de moins en moins pratiquée car les personnes racketées osent de plus en plus avertir la police.

-Usure

Les triades prêtent de l'argent aux personnes dans le besoin à un taux d'interêt extrêmement élevé. Il va de 10% à 30% par semaine ce qui est bien au dessus du taux légal. Ceux qui ne peuvent pas rembourser seront assassinés ou devront rentrer dans les rangs de la triade qui n'hésitera pas à user de la violence.



3/ INFLUENCE ÉCONOMIQUE DES TRIADES


Les triades sont très présentes dans l’économie mondiale. Elles constituent un grand péril financier. En effet, pour donner un exemple, 1,1 % du PNB américain, soit 500 millions d’euros, ont été produits par les triades pendant les années 80.


Les triades utilisent les paradis fiscaux. En effet, ces paradis fiscaux hébergent des banques dont les comptes sont protégés par le secret bancaire. Elles font ensuite passer l’argent de compte bancaire à d’autres comptes bancaire par le biais d’entreprises fictives, et il est alors très difficile, voire impossible de retrouver la trace de cet argent.
C’est le cas de l’île de Nauru, qui possède 400 banques offshore et qui aurait participé au blanchiment de plusieurs milliards de dollars au profit des triades.
En plus de Nauru, il est légitime de se demander combien d’autres paradis fiscaux servent au blanchiment d’argent des triades ?
Les paradis fiscaux étant légaux, les états sont confrontés à un vrai problème pour lutter contre cette pratique.

Elles savent habilement mêler activités illicites et légales et investissent massivement sur les marchés financiers. En effet, de nombreux profits criminels ont été réinvestis dans des activités tout à fait légales. Ces nouvelles entreprises sont inattaquables, hormis la manière dont elles sont apparues. Elles sont gérées, soit par des criminels patentés, soit, beaucoup plus fréquemment, par des hommes d'affaires que l'appât du gain a dévoyé. Il est alors très difficile de les confondre car ils se gardent de commettre quoique ce soit d'illégal.

Les secteurs de prédilection sont de trois sortes :
Immobilier, traitement des ordures et des déchets et industrie du spectacle.
Ce dernier secteur ne sert pas uniquement de “couverture” : Ces sociétés secrètes utilisent également ce contrôle sur l‘industrie du spectacle à d’autres fins que la simple intrusion dans l’économie. Elles arrivent, au travers du cinéma, à se donner une bonne image de marque.
Grace un nombre énorme de films en provenance de Hong Kong ayant pour thème les triades, elles parviennent à générer une idéalisation et une esthétique du mal qui leur sert de propagande.
Ce cinéma exalte essentiellement les triades grâce au kung-fu ; cette technique de combat qui a été étroitement liée aux « sociétés noires » durant l’histoire de la Chine. Cet art de combat paraît invulnérable dans les films. Les triades font passer aux jeunes, principaux consommateurs de ce type de musique, un message incitant à la drogue.

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3 Re: La Triade Chinoise le Jeu 14 Mar - 7:08

III. L’INFLUENCE DES TRIADES DANS LA VIE POLITIQUE



Dans cette troisième partie, nous allons présenter le rôle des triades dans la vie politique. Ces triades établissent de nombreux liens pour étendre leur influence
et coopèrent avec différentes institutions. Elles sont même amenés à s'engager politiquement.


1/ UN RESEAU DE « GUANXI », MAÎTRISE PAR LES TÊTES DE DRAGON



Les « Guanxi », ou relations, sont caractéristiques de la puissance des triades. Nous allons montrer en quoi elles sont si utiles, en retraçant le parcours des têtes de dragon et leurs liens avec les hommes d'affaires, politiques, judiciaires. Nous allons prendre comme exemple Du Yuesheng dans « le Shanghai dans les années 20 », les frères Heung à Hong-Kong, Chen Chi-Li de la triade des Bambous unis à Taiwan et même des parrains au delà de la Chine.



Après la mort de Sun Yat Sen, Tchang Kai-Chek assure la direction du parti du Guomindang. Il n’hésitera pas à faire appel à l’aide financière et militaire de la « Bande Verte », la triade la plus puissante de Shanghai. Cette triade du Nord contrôle la quasi-totalité des activités criminelles dont drogue, jeux, prostitution. Elle est approchée par les grands commerçants et les hommes d’affaires. Lui-même initié auparavant dans cette triade, Tchang Kai-Chek fera la connaissance de Du Yuesheng devenu le futur « parrain » de la ville.

Du Yuesheng surnommé également « Du aux grandes oreilles », est né en 1888 à Gaoqiao et vivait une vie misérable en tirant les radeaux d'opium qui remontaient le Fleuve bleu. Adolescent, il fréquente le milieux des bandits puis connaîtra son ascension en étant introduit dans la Bande Verte par Huang Jinrong, le chef des inspecteurs chinois de la police de Shanghai. Dans les archives du Ministère des affaires étrangères concernant les concessions françaises en Chine, des diplomates demandent aux autorités locales françaises d’éviter d’avoir affaire à « Mister Du » : d'avril à juillet 1925, Du Yuesheng et ses associés recevaient le monopole du trafic d'opium en échange du versement d'un pourcentage sur les transactions, et de la promesse d'une aide au maintien de l'ordre.

Du Yuesheng travaille également avec Etienne Fiori, chef des services de police et membre secret de l’Union Corse, créée en 1908 à Shanghai pour commencer le trafic d'opium. Celui-ci organise les relais de Saigon, Hanoi et Marseille pour exporter l’opium et l’héroïne. Ainsi, grâce à la police, Mister Du a réussi à se faire nommer membre honoraire de la police et, comble de l'ironie, président de la lutte contre l’opium.

L'arrangement perdure jusqu'au moment où, la puissance de Du Yuesheng se faisant trop menaçante, le Quai d'Orsay commence à s'alarmer du rôle joué par les gangsters dans l'administration municipale. En 1932, une série de mesures d'épuration permet d'assainir la situation. Etienne Fiori sera donc démis de ses fonctions du fait de la corruption. Du Yuesheng s'efface alors mais au prix d'une rumeur dont les journaux locaux ont tôt fait de s'emparer : le gangster devenu notable se serait vengé de son éviction en causant la mort des témoins gênants, parmi lesquels le consul Koechlin, un conseiller municipal et le journaliste Albert Londres au retour d'une enquête à Shanghai.

La puissance de la Bande Verte ne se limite donc plus à ses activités illégales :

Du Yuesheng dirige en 1925 l’association générale des commerçants de la concession française, il préside une dizaine d’entreprises dont la Bank of China de Shanghai, la compagnie de navigation à vapeur à Shanghai, la compagnie d’électricité locale, trois journaux, une agence de presse, la Grande Université de Chine.
Son apogée s'arrête au moment où il se voit forcé de se réfugier à Hongkong lors de l'avènement du communisme en 1949, traqué par les autorités communistes.
Il meurt le 16 août 1951, étouffé par des crises d'asthme et miné par la drogue. Pourtant, l'un des fils reprendra le trafic d'opium, l'autre servira de conseiller au ministre de la Défense nationaliste.


Cette ville de Hong-Kong sera réputée pour être le centre de gravité, où règnent les triades les plus puissantes et organisées. A la fin des années 40, la police évalue à 300 000 le nombre de leurs membres dans la colonie britannique. Malgré l'afflux récent de réfugiés, leur implantation est ancienne : Dès 1845, les Anglais avaient édicté dans leur colonie une loi antitriades, mais celles-ci, rompues à la clandestinité, contrôlaient de nombreux métiers.
Dans un contexte plus actuel, Heung Wah-keung, alias « Charlie Heung » dirige avec ses frères la Sun Yee On et contrôle une partie de l'industrie cinématographique à Hong-Kong. Lié à Yue Xuanping, l'ex-gouverneur de Guangdong, il investit aussi dans les studios de cinéma, des chaînes de magasins, de disques et de vidéo, les restaurants et les bars dans la zone industrielle de Shenzhen.
Le fils de Yue Xuanping, vice-président de la Conférence consultative, est depuis 1992, actionnaire de l'entreprise financière Topworth Investment (China) dont l'un des directeurs n'est autre que Heung Wah-keung.
Charlie Heung et ses frères mettent en avant les excellentes relations, dans le gouvernement de Tung Chee-Wah (premier chef exécutif de1997-2005) et parmi les hommes d'affaires de l'ex-colonie anglaise. Certains membres de sa famille sont liés aux notables de Hong-Kong : ainsi Anita Heung, fille de l'ancienne Tête de dragon Heung Wah-sim, a épousé dans les années 70 le fils de Cheung Leung-sing, alors président de l'assemblée régionale de Hong-Kong.
On compte également Rita Fan Hsu Lai-tai parmi leurs amis, la femme qui prend la direction du Conseil législatif de Hong-Kong, nommée par Beijing pour préparer son annexion à la République de Chine en 1997. Elle est par ailleurs la fille de Tse Ta-tung, un homme d'affaires de Shanghai qui, dans les années 30, appartenait à la Bande Verte.


L'île de Taiwan se distinguera aussi par la présence de triades après l'arrivée des soldats perdus du Guomindang :

La bande des Bambous unis est née en juin 1956 du regroupement d'étudiants de treize clans dans le village de Wing Wor, et les milieux jeunes de la classe ouvrière de Yungho, dans la banlieue de Taipei, célèbre pour ses massifs de bambous. On estime aujourd'hui à 20 000 le nombre de ses membres, entretenant de bonnes relations avec les yakuzas japonais et les 14 K pour leur porno business : elle possède une place importante dans la production et le marché local des jouets sexuels pour l'exportation, et contrôle les maisons de prostitution de Taipei et ceux de Peitou. L'un des responsables, Chen Chi-Li, surnommé « Canard sec », a réussi à être, jusqu'en juillet 2000, le conseiller particulier de Chea Sim, président du Parti du peuple cambodgien au pouvoir avec le Premier ministre Hun Sen.
Ils sont aussi présents aux États-Unis, se signalant en 1984 en assassinant à San Francisco un écrivain exilé, Henry Liu, qui avait eu le malheur de vouloir écrire une biographie du chef de l'État taiwanais Chiang Chin-kuo, fils de Tchang Kai-Chek. Les meurtriers étaient membres des Bambous unis, dirigés par la tête de dragon Chen Chi-li.
Steven Wong, un indicateur de la police, a révélé comment il avait rencontré Chen Chi-Li : Celui-ci avait fait le voyage aux USA pour superviser directement le meurtre d'Henry Liu.

« Le Canard Sec avait signé un pacte avec le gouvernement taïwanais, et se croyait donc invulnérable. La bande des Bambous Unis recevait des millions de dollars pour traquer les opposants aux USA. »

Lorsque le procès des tueurs débuta en mars 1985, Chen Chi-li désigna le chef du renseignement militaire, l'amiral Wong Hsi-ling, comme commanditaire du meurtre. Sous la pression des Américains, Wong Hsi-ling fut destitué et condamné à la prison à vie, et ses adjoints à des peines plus légères. Les Bambous unis et les agents spéciaux ayant collaboré bénéficièrent d'une amnistie par la suite. Par cette trahison, l'affaire Henry Liu marquait la fin de l'alliance entre le Guomindang et les triades.
Les Etats-Unis, conscients de l'existence des triades sur leur sol montèrent une opération clandestine en septembre 1985, où le FBI arrêta treize membre des Bambous Unis dont deux chefs : Chang An-lo, alias « Loup Blanc », et Chen Chih-yi, alias « Oiseau Jaune ». Quant à Chen Chi-Li, il sera de nouveau arrêté au Cambodge en juillet 2000 pour trafics d'armes.
Malgré cette série d'arrestation, les Bambous unis restent actifs à Hong-Kong, en Indonésie, et aux Philippines où elle a organisé avec la 14 K des kidnappings d'hommes d'affaires, en 1992. Plus récemment, les Bambous ont établi des cabarets et des réseaux de prostitution dans l' île de Hainan en ayant des complicités dans l'appareil de sécurité locale.
Par conséquent plusieurs faits ont témoigné de la coopération des services secrets taïwanais avec les triades. Il existe encore des liens jusqu'en Amérique latine. Au Panama de Noriega, le chef du renseignement local, d'origine chinoise, le colonel Guillermo Wong, entretenait des liens amicaux avec certaines triades ainsi qu'avec les services spéciaux taïwanais, auxquels il fournissait des passeports panaméens pour certaines de leurs transactions, voire de leurs tentatives de missions de pénétration en Chine populaire. Pour sa part, l' Observatoire géopolitique des drogues signale en 1995 que des réseaux appartenant à la colonie taïwanaise de Bolivie exportent de la cocaïne à Hong-Kong et dans le reste de l' Asie du Sud-Est.

Grâce à ces Guanxi, et la loi du silence qui fait la force de cette mafia, ce réseau a pu se développer dans le monde. La triade 14 K basée à Hongkong s'est propagée jusqu'en Europe : en Hollande, Chung Mon surnommé « la Licorne » organise les trafics de drogue et de jeu. Ancien militant du Guomindang, Chung Mon était arrivé à Rotterdam pendant la Deuxième Guerre Mondiale et occupait un poste de marin tout en gravissant parallèlement les échelons dans les triades. Il s'associe avec les frères Ma, les maîtres du trafic de l'héroïne à Hong-kong, et achemine l'approvisionnement en drogue en Hollande, mais aussi son trafic de Rotterdam vers les USA dans les années 70. Ayant gagné en puissance, il parvient même à obtenir la protection de divers policiers hollandais. Mais sa réussite précipite sa chute. Le 3 mars 1975, il tombe sous les balles de trois jeunes pistoleros chinois. D'autres triades alléchés par la permissivité de la Hollande, telles que Wo Shing Wo, ou la Ah Kong de Singapour se disputent le terrain.

Même après la mort le respect des têtes de dragons demeure. C'est souvent à cette rare occasion que nous sommes au courant de l'existence de la mafia chinoise et par conséquent de leur pouvoir. En février 1996, Chen Yung-ho « chef spirituel » de la bande des Quatre Mers est abattu dans un restaurant de Taipei. Lors de ses funérailles, on compte 10 000 truands dont 3000 des Quatre Mers et 5000 de la triade des Bambous unis. Sont également venus présenter leurs condoléances des yakuzas, des membres dirigeants des triades de Hongkong et des Tongs de New York.

Le 16 août 1994 à New York, à la Mort de Benny Ong à 87 ans tout Chinatown était vêtu de blanc, la couleur du deuil. Dans l'assistance, l'une des plus hautes personnalités de New York (soupçonné de corruption en liaison avec la mafia chinoise) était au premier rang. Un responsable nord-américain de la lutte anti-triades dira avoir reconnu un des neveux de Chiang Kai-shek. Et même le président de Taiwan, Lee Teng-hui, fit parvenir une gerbe de fleurs immaculées avec ces mots :

« Perte irréparable d' un dirigeant communautaire si respecté... »

Benny Ong, fils de paysan, aurait vu le jour en 1907 à Harbine en Mandchourie, sous le nom d'Ong Kai-Sui. Il émigra aux USA en 1923 et trouva un petit emploi dans une blanchisserie du New York chinois. En 1935, un meurtre commis au cours d'un hold-up lui valu dix-sept ans de prison. Ce qui ne l'empêcha pas de se hisser aux premières loges de la communauté chinoise, devenant « Conseiller international à la vie de la Hip Sing Tong »
Après une nouvelle condamnation pour extorsion de fonds en 1977, Benny Ong devient le « maire fantôme de Chinatown », en prenant la présidence de la Hip Sing Tong, forte de 60 000 membres. A l'origine une association de défense de travailleurs, elle a évolué sous l'appellation de Federal Credit Union.
Sous cette raison sociale, la Hip Sing Tong a permis que s'agencent de multiples trafics du crime organisé chinois. Les policiers, fautes de preuves et à cause cette couverture sociale n'ont jamais pu l'arrêter. Ils connaissaient même parfaitement sa structure, avec deux gangs : la Wah Sing liée à la 14 K et les Flying Dragons, liés aux Bambous unis, ainsi qu'à la 14 K et à la Sun Yee On.
Benny Ong était devenu invulnérable. Selon les services américains, il était un juge de paix, un parrain au-dessus de toutes les triades, puisqu'il présidait une commission fantôme qui représentait tous les grands gangs d'Amérique du Nord afin de régler les différends qui pouvaient survenir entre eux.

Roger Faligot, journaliste et écrivain qui a réalisé de nombreux ouvrages consacrés à l'Asie et aux services secrets, insiste sur le péril des Tongs dans L'Empire invisible :
« Démanteler les Tongs traditionnelles fait courir un nouveau risque : la profusion de nouveaux gangs, venus du Fujian et d'ailleurs, fragmentés et beaucoup plus violents encore. »

Les nouvelles mafias, ou les jeunes gangs qui commencent à organiser le relais des trafics de stupéfiants, imposent leur début de règne par la violence parmi les chinois et vont jusqu'à recruter des enfants chinois des quartiers déshérités pour étendre leur influence. Ce phénomène s'applique surtout pour les nouveaux immigrants qui ont du mal à se trouver un emploi, ou une place dans la société. Ainsi le terme de triade s'applique aussi bien pour les sociétés secrètes d'entraide, que les mafias structurés et puissantes telles que les 7 soeurs du crime, ou encore les gangs de jeunes et les gangs d'importance moins grandes qui peuvent être démantelés par la police ou les services secrets.
La mafia prend une échelle de grande importance à partir du moment où elle possède de bonnes connections, plus précisément lorsqu'elle entretient des relations avec des personnes hauts-placées. On a vu que les grandes personnalités telles que Du Yuesheng ou Benny Ong sont toutes issues de milieux défavorisés, leurs ascensions dans les triades sont dues au fait qu'ils aient pu établir un réseau de Guanxi en plus de leur capacité de gouvernance et de gérance.


2/ LA COOPÉRATION AVEC LES INSTITUTIONS

Le 19 juillet 1984, un entretient du journaliste Roget Faligot et du général Maurice Belleux, patron du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE) à Saïgon pendant la guerre d'Indochine, a pu confirmer le rôle de ce service dans l'affaire de l'opium des Méos (les Méos, appelés également montagnards ou Hmong, sont un peuple de la région du Guizhou, au nord du Viêt Nam et du Laos), ralliés aux Français dans la lutte contre le Viêtminh :

« Le général Salan nous l' a assez reproché : mais il fallait bien que nous achetions l' opium de Touby Lifong, chef des Méos. Ceux-ci le produisaient, quelqu'un l' aurait acheté de toute façon. Que le SDECE s' abstienne de le faire n'aurait eu qu'une conséquence : le Viêtminh aurait conquis l' allégeance des montagnards. Une fois acquis, nous l'acheminions avec l'aide du lobby chinois dans le Triangle d' Or. En cas de pépin, on mouillait les Américains. La CIA se serait retrouvée impliquée et pas le SDECE... »

Le SDECE du colonel Belleux, a donc acheté le pavot des peuples Méos afin d'obtenir un ralliement contre l'ennemi communiste. Pendant ce temps, à Saïgon, dans le quartier chinois de Cholon, la secte caodaïste Binh-Xuyen animait deux usines de préparation de l'opium, manipulée par le colonel Antoine Savani, le chef du 2e bureau au Sud du Viêt Nam.
Après la défaite des Français à Diên Biên Phu, et à l'issue de la guerre du Viêtnam menée par les Américains, nombreux sont les chinois de Saïgon qui fuient au-delà des océans. La guerre, les cataclysmes, la misère poussent les hommes à fuir leur pays.


De même dans les années 40, après la victoire des communistes, la CIA avait décidé de soutenir les reliquats du Guomindang et autres seigneurs de la guerre qui combattraient la Chine populaire. Pour financer leur armée, ils développèrent la culture du pavot. De sorte que dans les années 60, Khun Sa, seigneur de la guerre birman affirma sa suprématie dans le triangle d'Or face aux autres chefs chinois.
Mais dans les années 90, les Américains avaient décidé de soutenir de nouvelles offensives de l' armée thaïlandaise – et même birmane – contre lui.
Khun Sa craint que les Américains, comme ils l'ont contre le Cartel de Medelin en Colombie, n'engagent tous leurs moyens pour l'arrêter : stimulant et finançant une offensive de l'armée thaïlandaise et faisant pression sur le régime birman pour qu'il ne fournisse aucune protection à l'armée shan, dont il en est le chef. Il faut dire qu'en 1989 s'est produit en Birmanie en événement important : le Parti communiste birman qui mène la guérilla contre le gouvernement de Rangoon éclate. D'anciens gardes rouges (Lin Mingxian, Zhang Zhimin, Liu Guoshi) envoyés par Kang Sheng – le chef des services secrets à Pékin – à la fin des années 60 pour encadrer le parti communiste birman, passent au banditisme. La junte au pouvoir s'empare du marché des stupéfiants. Pour être précis, anciens chefs communistes et gangsters coopèrent avec les agents de la Directorate of Defense Service Intelligence dirigée par le général Khin Nyunt. Les autorités birmanes protègent Liu Guoshi et les autres, devenus rivaux de Khun Sa dans l'énorme trafic d'héroïne. Ce qui a fait dire, fin 1989, à l'ambassadeur américain à Bangkok, Daniel O'Donogue :

« Nous sommes en train de perdre la bataille de l'héroïne en Asie du Sud-Est. »

Khun Sa se livrait à une formidable opération de presse. En 1993, un émissaire de Khun Sa rencontre R. Faligot : celui-ci souhaite qu'il l'aide pour rédiger ses mémoires. Pour cela, il veut qu'on le présente comme un chef de guerre rebelle et courageux ayant lutté contre les pouvoirs centraux, protecteur de la minaurité Shan qui vit dans les montagnes, et victime de la CIA.
Khun Sa finit par annoncer en novembre 1995 qu'il arrête le trafic.
Il proposait même, moyennant une subvention américaine, d'arrêter la culture de pavot et d' aider les montagnards à se reconvertir dans la culture de la fraise. Mais en 1996, les Etats-Unis proposent la somme de 2 millions de dollars pour sa capture.


La CIA a encore été mêlée à une affaire avec les triades, qui ne fait que ternir son image. Chef de station du MI 6 (Military Intelligence section 6), Maurice Oldfield a été immortalisé grâce au romancier John Le Carré sous le personnage de Smiley. Il est l'un des maîtres espions les plus connus de l'après-guerre à Singapour et il étudia les triades de près. Il s'aperçut de plusieurs phénomènes ignorés par nombre de ses contemporains : les triades se faisaient enregistrer officiellement sous des dizaines de noms différents pour semer le plus grand désarroi parmi les services de sécurité qui voulaient pénétrer leur organisation et leurs mouvements de fonds. Il nota aussi que la lutte contre-insurrectionnelle face aux communistes avait pour effet de donner une plus grande marge de manoeuvre aux triades. Ceci dit, pour son groupe armé urbain, le Corps de protection des ouvriers ou la Ligue antibritannique (ABL), le Parti communiste n'hésita pas à recruter des membres des triades, notamment parce que leurs « pratiquants de la loi » (zhifa) faisaient d'excellents hommes de mains et des des snipers hors pair. Pour l' année 1951, la police de Singapour arrêta plus d'une cinquantaine de membres de l'ABL qui venaient des triades.
En 1973 se produisit à Londres un scandale : en février, l'Evening Standard de Londres annonça qu'un jeune homme, Charles Rennie, et sa petite amie étaient accusés de détention et de trafic d'héroïne. Suite à une opération de police dans Gerrard Street, dix-sept personnes furent condamnées pour trafic de drogue, à commencer par un Chinois de trente-sept ans, Yuo On Yao. Or celui-ci, appartenant à une triade malaise, alimentait en drogue le jeune Rennie. Mais le scandale tenait surtout au fait que ce dernier était le fils de sir John Rennie, alors patron du MI 6. Rennie dut démissionner et son directeur adjoint Maurice Oldfield, le remplaça à la tête du Service.
Or, une enquête interne au MI 6 devait faire apparaître que, derrière le milieu chinois de Londres, c'étaient les services secrets de Chine communiste dirigés par Kang Sheng qui avaient monté cette opération pour déstabiliser l'Intelligence Service. Un grand mystère plane alors sur la personnalité de Maurice Oldfield. Dans les années 60, alors qu'il dirigeait le MI 6 à Washington et établissait la liaison avec la CIA, il prévint Kim Philby – un temps directeur adjoint du MI 6- qu'une enquête avait lieu sur son compte. En effet, Philby faisait partie des espions du KGB soviétique et devait s'enfuir en URSS en 1963.
Mais ce faisant, il se débarrassait de ce prétendant à la direction suprême du MI 6.
Dans les années 80, après sa mort, Margaret Thatcher 1er Ministre britannique, admit que ce chef du renseignement était homosexuel et avait représenté un « risque pour la sécurité du royaume ». Il avait même été impliqué dans le scandale de Kincora lorsqu' il dirigeait le contre-espionnage en Irlande du Nord. Il s'agissait d'un home pour de petits orphelins où certains responsables politiques ou militaires venaient puiser des compagnons pour leurs ébats sexuels.
Quand il est arrivé au Centre de Tanglin Circus à Singapour en 1950 pour y diriger le renseignement anglais, il puisait partiellement dans les bas-fonds de la colonie malaise, comme il le fit trente ans plus tard à Belfast, pour chercher de jeunes éphèbes. Le problème, du point de vue de la sécurité, c'est que les triades chinoises contrôlaient ces maisons de prostitution homosexuelle et derrières elles, s'abritaient des réseaux du Parti communiste téléguidés par les Chinois.
C'est pourquoi certains, les services de sécurité pensent qu'il fut soumis à un chantage sexuel, et recruté dès cette époque par les Chinois. Un point d'interrogation demeure ; mais cela expliquerait que les services de Mao aient monté une opération pour faire tomber Rennie afin qu'Oldfield parvienne au sommet du MI 6.


Les services secrets ne sont pas les seuls à entretenir des rapports avec la mafia chinoise :
La collusion entre Sun Yee On et la sécurité publique apparaît lors d'un conflit entre cette triade et sa rivale du Grand Cercle. Le chef de cette mafia, Chan Chi-Ming, fait tirer une rafale de pistolet-mitrailleur sur l'enceinte de la résidence de Heung Wah-yim, qui a pourtant cessé d'être Tête de dragon en 1988, et a été remplacé par l'un de ses frères cadets.
La riposte ne se fait pas attendre : alors que l'incident à lieue à Hongkong, Chan, qui passait par Shenzhen, de l'autre côté de la frontière, y est arrêté par la police et maintenu au secret sans motif.
Les rapports de Sun Yee On ne se limitent pas à la police. C'est lors de ce fameux discours du 8 avril 1993 que Tao Siju, le ministre de la Sécurité publique (le Gonganbu) dévoile sa sympathie pour cette triade :

« les membres des triades ne sont pas tous des gangsters. S'ils sont de bons patriotes, s'ils assurent la prospérité de Hongkong, nous devons les respecter. »
Il le répète plus tard : « les sociétés noires sont patriotiques ! »

Peu après, la presse de Hongkong affirme qu'il s'est entretenu avec les frères Heung.
Tao Siju, a des intérêts très personnels dans cette affaire : lui et Charlie Heung, sont les deux copropriétaires d'un night-club à la mode à Pékin, le Top Ten, un immeuble hébergeant un restaurant, des bars à karaoké privés, et une discothèque.
Par plusieurs opérations, la Sun Yee On a également aidé les dirigeants communistes. En janvier 1979, lors d'un voyage de Deng Xiaoping au Japon et aux États-Unis, des centaines de membres de la Sun Yee On seraient allés sur place pour lui assurer une protection discrète.
Cette collaboration ne veut pas dire pour autant que la Sécurité publique, ou Gonganbu tolère les activités des mafias :
En 1993, le Gonganbu démantèle en gang nommé la « Faction Suprême », dans la zone économique de Shenzhen dirigé par un ex-soldat de l' Armée populaire de libération, Liang Yu, spécialisé dans le trafic d' armes et la prostitution. De nombreuses autres sociétés sont réprimées, dès lors que leurs actions mettent en péril la sécurité publique.
Il faut tout de même admettre que le Gonganbu a un double rôle :
Dans l'île de Hainan, la prostitution locale dans les grands hôtels à touristes sont sous contrôle double du Gonganbu et d'une triade.
Gao Peiqi, un des chefs du Gonganbu local à Shenzhen, après s'être enfui en 1992 en Amérique, une vaste enquête sur le mode de fonctionnement de son service.
Son avis sur une éventuelle coopération entre le Gonganbu et les polices étrangères contre les triades est plutôt pessimiste :
« En ce qui concerne la coopération dans la lutte contre les sociétés secrètes à Hongkong, le Gonganbu ne fera rien. Le Parti communiste chinois a si souvent utilisé les sociétés secrètes de Hongkong pour certaines de ses opérations clandestines que, à moins que les sociétés ne fassent quelque chose qui gêne le travail du parti communiste chinois, on ne les touchera pas... »

Un fait témoigne encore de la collaboration du gouvernement avec les triades. En1974, le chef de la section antitriades de la police britannique, Norman Temple, rend compte dans un rapport précis de l'importance du renforcement des mafias. C'est si vrai qu'il est lui-même arrêté quelques temps après, avec de nombreux collaborateurs, pour corruption. La police antitriade avait bénéficié de sommes importantes des triades pour laisser mourir certaines enquêtes. En particulier celles qui permettaient de remonter jusqu'à de hautes personnalités chinoises de la colonie, du monde des banques et des affaires, et du négoce international.
La Chine protège également les pirates du Guangxi. l'Anna Sierra, cargot chypriote, vogue vers les Philippines. Il quitte le port de Bangkok, chargé de 12 000 tonnes de sucre et la nuit du 14 septembre 1995, il est attaqué par des pirates asiatiques. Au matin du troisième jour, les prisonniers seront laissé en haute mer avec des chances de vie minimes.
C'est dans ces cas qu'intervient l' International Maritime Bureau (IMB) d'Eric Ellen. A partir de 1995, il analyse et constate la montée alarmante des actes de piraterie.
Eric Ellen ne combat pas la piraterie uniquement en Asie, mais il doit admettre que les incidents les plus graves se produisent vers le détroit de Malacca et dans la mer de Chine.
Le 18 septembre 1995, l'IMB lance une recherche de l'Anna Sierra à la demande des assureurs. Le 20 septembre, le navire arrive en vue des côtes chinoises. Il s'appelle désormais l'Artic Sea, et c'est à Beihai, dans la province du Guangxi, qu'il accoste. Toutefois, les « Chiens bleus », la sécurité publicque du Guangxi proclament la saisie du navire et imposent une amende de 30 000 dollars. Ni l'Armée populaire de libération ni la sécurité publique n'a cherché à connaître l'origine du navire même étant conscient qu'il s'agissait d'un navire détourné.
L' IMB ne lâche pas prise : au nom du cabinet d'assurances français Nasco Karaoglan, le bureau d'Eric Ellen offre 100 000 dollars à qui l'aidera à récupérer le navire. Enfin à Pékin, le directeur de la Chinese Ocean Shipping Agency se charge de l'affaire et le Centre régional antipirates de l'IMB, à Kuala Lumpur leur annonce par fax « Votre navire est au quai 4 du port Beihai ».
Les preuves de mascarade abondent: un faux document de chargement indique que les sacs de sucre avaient été chargés à Santos au Brésil. Manque de chance pour les escrots, les sacs sont marqués « BANGKOK », ce que les policiers chinois doivent reconnaître.
Le service d'immigration chinoise accepte finalement de montrer les passeports, également faux, des pirates – douze Indonésiens et deux Malais -, qui portent un tampon d'entrée à l'aéroport de Bangkok le 7 août sans avoir quitté la Thaïlande. Pourtant, ces hommes ont affirmé avoir embarqué du côté de Manille à partir d'un autre bateau dont on ne retrouve aucune trace. Mais il y a beaucoup plus grave. L' organisation du détournement apparaît clairement quand les deux détectives apprennent que le navire a été « prévendu » deux mois avant d'appareiller de Bangkok à un commerçant local de Beihai, la Guangxi Autonomous Qinxing Entreprises.
« la preuve que le détournement a été préparé par un syndicat du crime organisé »,

concluront les enquêteurs. Le rôle des triades de Hongkong dans ce dossier ne fait pas de doute : le prépaiement d'au moins un quart du prix estimé du navire a été déposé sur une banque de Hongkong et cela par le capitaine Bekas, nouveau « propriétaire » de l' Artic Sea, en fait le chef des pirates. La cargaison du navire a été officiellement vendue par une firme basée à Kowloon, Hongkong, la Peakyear Investment Ltd, déjà impliquée dans une affaire de vente de cargaisons frauduleuses d' autres bateaux fantômes.
En vertu de la Convention internationale sur la piraterie en haute mer de 1958 et la convention de l' ONU de 1982 sur le droit de la mer, ces pirates devraient être traînés en justice et le navire rendu à ses légitimes propriétaires. Suite aux démarches de l' IMB, Chypre demande à la Thaïlande et à la Chine de l'aider à intervenir. Mais les Chinois refusent d' arrêter l' équipagedu navire détourné. Les pirates indonésiens sont toujours bloqués sur l' Anna Sierra. Le temps passe. Pékin ordonne officiellement une enquête, mais désormais l'immobilisme prévaut.
Voilà pourquoi, au tournant du siècle, l'inquiétude a gagné les milieux de la marine marchande et du shipping. Une complicité tacite entre certaines autorités communistes en Chine continentale et des syndicats du crime de Hongkong apparaît. Depuis cinq ans, des centaines d'épisodes de la piraterie sont ainsi enregistrés, et parfois les soldats de l'APL (l'Armée nationale de la République populaire de Chine). sont impliqués ; la corruption gagne les secteurs de la police ou des douanes, et les autorités chinoises couvrent ces actions.
En 2000, l'Anna Sierra est toujours contrôlée par les Chinois, tandis que les pirates, téléguidés par la mafia, ont été relâchés. La Chine exige même un paiement astronomique pour rendre ce bateau.


3/ ENGAGEMENT POLITIQUE

Les sociétés secrètes ayant participé au mouvement de contestation de l'Empire Mandchoue occupent de nouveau un rôle important pendant la guerre sino-japonaise et le conflit entre nationalistes et communistes. Suite à la prise du pouvoir des communistes tout comme la Révolution culturelle de 1966, on assiste à une émergeance du banditisme. Enfin nous verrons le rôle de la triade Sun Yee On dans l'après juin 1989.



Pendant la présidence de Chiang Kai-shek, l'engagement des triades consiste à choisir ou le camp des communistes, ou celui des nationalistes. L'exemple de Du Yuesheng illustre bien cette prise de parti :
Du Yuesheng établit des liens avec des communistes : Kang Sheng, futur chef des services secrets communistes était à cette époque secrétaire de Yu Qaqing, président de la Chambre de commerce chinoise et brasseur d’affaires de la bande verte. Le chef des services secrets communistes Gu Shunzhang appartient également à la Bande Verte mais il trahit le parti communiste en 1931 provoquant l’arrêt de son secrétaire général. Par la suite, il dirige les services anticommunistes au service de Tchang Kai-Chek, au profit de sa famille, enterrée vivante par Zhou Enlai, l’un des créateurs du Parti Communiste Chinois.
En hiver 1926, Mister Du prend le parti du Guomindang :
Le 12/04/1927, sous les ordres de Chang Kai-Chek, 5000 membres de la Bande Verte menée par Huang Jinrong, massacrent les communistes dans les quartiers chinois avec des pistolets Mauser.
Malgré cet épisode sanglant, les communistes poursuivent la lutte et le 15 juillet 1936, Mao s'adresse à la société des Frères aînés et des anciens (Gelaohui), qui a participé activement au mouvement révolutionnaire antimandchou en 1911. Les communistes ne cherchaient pas à les attirer, mais étaient contraits à composer avec elles. C'est un acte d'allégeance aux Gelaohui que le discours de Mao, plutôt qu'une injonction. Car cette société contrôlait de nombreuses régions, et sans leur accord, il était impossible au parti communiste de poursuivre la longue marche de 1934-1935, pour échapper aux nationalistes, et d'installer ses bases à Yan'an dans la province du Shaanxi en Chine centrale.
D'après l'historien coréen Park Sang-Soo, qui a enquêté.

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4 Re: La Triade Chinoise le Jeu 14 Mar - 7:09

Conclusion :


La criminalité organisée transnationale, qui s'est prodigieusement développée ces vingt dernières années, représente désormais la menace principale pour les sociétés démocratiques du XXIe siècle. Les triades sont parmi les plus puissantes et les plus discrètes de ces organisations. Il est donc très difficile pour les Etats de lutter contre elles.


Il est très difficile de venir à bout d’une des 7 grandes triades de dimension internationales, appelées les sept soeurs du crime, car même si dans l’une d’elle la tête de dragon est arrêtée, les membres sont nombreux et extrêmement bien organisés. Par conséquent, il n’est pas difficile pour eux de le remplacer.
La survie d’une triade sur un territoire s'explique par son infini talent à corrompre et à utiliser le capitalisme moderne.
Elle infiltre les milieux économiques et réinvestit ses profits venant du crime vers des entreprises légales. Cela lui permet d'influer notablement sur la vie économique des Etats, quand elle ne tente pas tout simplement d'en prendre le contrôle, même de manière indirecte.

Les triades savent aussi infiltrer les milieux politiques: lors de certaines éléctions, elle versent des pots de vin au parti pour les aider à mener leur campagne, et demandent simplement en échange de pouvoir bénéficier d’une certaine indulgence.

Il y a en effet de quoi se poser des questions quand on voit l’étrange mansuétude dont le gouvernement fait preuve à l’égart des triades.
En fait, ce dernier a bien compris les avantages que celles-ci lui apportent: Ces groupes très riches réinvestissent une large part de leur argent sale sous forme d’investissements en Chine.
Le ministre de la sécurité publique Chinois de l’époque, Tao Siju, a ainsi déclaré en 1995 que “les membres des triades ne sont pas tous des gangsters. S’ils sont de bons patriotes, s’ils assurent la prospérité de Hong Kong, nous devons les respecter” et que “le gouvernement chinois est heureux de s’unir à eux”

Les systèmes policiers et judiciaires ont, pour leur part des difficultés à unifier leurs actions.
En effet, selon l'ONU, seuls 15 % de l'héroïne et un tiers de la cocaïne produit dans le monde sont interceptés par les forces de sécurité.
Et une fois que la police a arrêté un membre d’une triade, cette dernière a parfois la possibilité de soudoyer des magistrats qui agissent par complaisance familiale, relationnelle ou tout simplement par intérêt personnel ou financier. Certains ont surtout peur pour leur vie et celle de leurs familles, de nombreux hommes de loi (et leurs proches) payant de leur vie leur probité. Tous les magistrats ne sont heureusement pas corrompus.
Mais comment lutter?
Certains Etats ont essayé de lutter contre l’immigration clandestine. C’est le cas du royaumme-Uni, après un fait tragique: la découverte macabre de ceux que l'on appelle désormais “les Chinois de Douvres “, morts par asphyxie dans un camion frigorifique. Ils avaient probablement été amenés jusque là par une triade possédant un réseau mondial et très important de trafic d’êtres humains.
Au canada, les services de douane ont été renforcés, mais il reste impossible de fouiller tout les conteneurs, les voitures et camions arrivant dans le pays. Et bien que l’on puisse observer une augmentation des découvertes de stupéfiants par la police, il faut mettre ceci en parallèle avec l’augmentation énorme du trafic d’héroïne des triades.

Les Etats, incapables de lutter efficacement, masquent parfois cette incapacité. C’est le cas de la France qui ne serait, miraculeusement, pas touchée, selon le gouvernement. Pourtant selon un rapport des Renseignements Généraux Français, il y aurait environ 4000 membres de la 14K présents en ile de France.

Une loi est par définition une prescription établie par l'autorité souveraine de l'État, applicable à tous, et définissant les droits et les devoirs de chacun.
Ne pas respecter ces prescriptions équivaut donc à remettre en cause le pouvoir de l’autorité souveraine.
Or, un grand nombre de ces lois ne sont pas respectées par les triades, on peut donc dire qu’elles remettent en cause le pouvoir des gouvernements.

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